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Prothèses mammaires en 2019

Ces informations font suite aux recommandations du directoire scientifique des plasticiens et de l'ANSM en date de Novembre 2018. Les conclusions de l'ANSM concernant les différents implants recommandés ou déconseillés en 2019 sont attendues au printemps.

Prothèses mammaires en 2019

Les pratiques chirurgicales évoluent au fur et à mesure des avancées scientifiques. La chirurgie plastique et esthétique ne fait pas exception à cette règle.

Pendant longtemps, les chirurgiens ont posé notamment en France des implants mammaires texturés, qui représentent actuellement 75 % des patientes implantées. La texturation, selon certaines études scientifiques, permet de diminuer le risque de coque périprothétique et dans le cas des implants anatomiques, le risque de rotation et de malposition de l'implant. Aucune anomalie n'avait été constatée depuis le début de la pose de ce type de prothèses.

Or, depuis quelques années, les scientifiques ont noté l'apparition d'une nouvelle pathologie chez certaines femmes porteuses d'implants : le lymphome anaplasique à grandes cellules. Il s'agit du développement de cellules tumorales immunitaires au contact de l'implant. Le traitement chirurgical est le plus souvent efficace et consiste au retrait complet de la prothèse et de l'enveloppe capsulaire. Il ne s'agit pas d'une tumeur des cellules de la glande mammaire comme le cancer du sein classique mais plutôt d'une tumeur des cellules immunitaires au contact de l'implant. Les cas sont extrêmement rare, d'où la difficulté d'avoir des études scientifiques viables sur cette pathologie, on a noté à titre d'exemple en France une cinquantaine de cas sur environ 500 000 porteuses de prothèses estimées. 

Les premières études ont laissé apparaître que la grande majorité de ces patientes portaient ou avaient porté des prothèses de la marque ALLERGAN BIOCELL, à surface macrotexturée, c'est à dire très rugueuse.

Le principe de précaution étant de mise en médecine, nos sociétés scientifiques ont donc recommandé, dans l'attente d'études plus importantes, de ne plus poser ce type d'implant et d'une manière générale de ne réserver les implants mammaires texturés qu'aux cas indispensables notamment par exemple dans certains types de formes de seins, de malformations mammaires ou en reconstruction après cancer où ce type de prothèse semble indispensable et où le risque de lymphome apparaît minime par rapport aux mauvais résultats qu'engendrerait la pose de prothèses lisses. 

En chirurgie esthétique, l'implant lisse devient donc actuellement pour le moment conseillé quand la pose d'un autre type d'implant ne s'avère pas indispensable pour des raisons qu'il faudra mettre en balance avec les risques précédemment cités. 

Le risque de développer un lymphome apparaît extrêmement faible au regard du bénéfice qu'apporte la pose d'implants mammaires et l'ensemble des scientifiques se veulent rassurants du moment que les patientes pratiquent une surveillance régulière annuelle chez leur chirurgien ou leur gynécologue. Il n'est notamment pas recommandé de retirer des implants texturés qui ne présentent aucune anomalie. Ce geste serait démesuré par rapport au risque minime de développer cette maladie, dont l'incidence est extrêmement faible. 

La pose de prothèses mammaires reste une intervention sûre et les implants des dispositifs médicaux très contrôlés et surveillés. Ces dernières recommandations en sont la preuve récente. La pose de prothèses lisses est actuellement conseillée pour diminuer au maximum les éventuels risques de complication. Les consultations pré-opératoires permettent de choisir en concertation avec son chirurgien le type d'implant le mieux adapté. L'implant texturé et notamment l'implant anatomique n'est pas interdit et reste adapté dans les cas où sa forme particulière est la réponse la plus adaptée au cas que présente la patiente. Cela peut être le cas notamment dans la reconstruction après mastectomie, dans certaines formes particulières de seins, certaines malformations ou bien en présence d'une ptose (chute) de la poitrine. 

L'ANSM est en voie d'emettre des recommandations officielles au Printemps 2019 après compilation des dernières études scientifiques en la matière et avis des principaux experts français.