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Traitement des cicatrices

Au fil de mon parcours professionnel, j'ai fait de la prise en charge des cicatrices mon sujet principal de recherche. J'ai créé à l'hôpital de la Timone au cours de mon clinicat une consultation spécialisée en matière de traitement des cicatrices anormales.

Une cicatrice est parfois douloureuse à porter car elle est le reflet d'événements douloureux, et rappelle sans cesse au patient son passé. Avoir une "belle cicatrice" est une notion subjective qui dépend de l'appréciation de chacun.

Il faut d'abord poser une évidence : une cicatrice ne disparaît jamais totalement. Il faut également distinguer trois grands cadres :

  • la cicatrice normale : c'est une cicatrice fine, pâle, qui épouse les plis naturels du corps et qui est donc la plus discrète possible.
  • la cicatrice disgracieuse : ce n'est pas une maladie, c'est une cicatrice normale mais qui peut être mal située, ou que l'on souhaiterait moins visible, plus discrète. Leur traitement rentre dans le cadre de la chirurgie esthétique. On peut souvent les améliorer, rarement les faire disparaître totalement.
  • la cicatrice pathologique : c'est une véritable maladie pour laquelle il existe des traitements médicaux et chirurgicaux. L'exemple le plus connu est la cicatrice hypertrophique et la cicatrice chéloïde.

 

Tout faire pour avoir une belle cicatrice

De nombreux patients viennent consulter pour avoir des conseils pour améliorer ou avoir des conseils pour faire de leur cicatrice la cicatrice la plus discrète possible.

Il y a des choses sur lesquelles on ne peut pas agir :

  • votre manière propre de cicatriser : elle dépend de votre patrimoine génétique. Les gènes qui gouvernent les cicatrices sont peu connus. Je participe d'ailleurs à des études qui sont prometteuses et auront de nombreux enjeux sur le plan diagnostique et thérapeutique.
  • les caractéristiques de la plaie initiale : le cas idéal est d'avoir une incision chirurgicale propre bien située dans des plis naturels, avec une suture bien faite et une technique de suture parfaite. Les plasticiens connaissent parfaitement ces techniques. Parfois, le contexte de la plaie lors d'un traumatisme fait que celle ci a pu mal cicatriser ou a pu s'infecter par exemple. Les cicatrices de brûlures cicatrisent rarement bien également.
  • Une cicatrice met du temps à avoir son aspect définitif. En général il faut compter 18 mois à deux ans. C'est pendant cette phase de maturation de la cicatrice que l'on peut agir pour essayer de l'améliorer.

Différents moyens existent, en voici quelques exemples:

  • les massages : à faire soi même ou par un kinésithérapeute. Je prescris une crème hydratante à acheter en pharmacie et je vous enseigne la technique au cabinet. Le palpé roulé par la technique de LPG est également efficace.
  • la compression : les cicatrices s'améliorent lorsqu'elles sont comprimées. Il faut appliquer deux éléments : une isolation avec un gel ou une plaque en silicone et une compression mécanique qui peut se faire par la plaque ou un vêtement compressif fait sur mesure.
  • le LASER : certaines techniques permettent d'améliorer l'aspect rouge et inflammatoire des cicatrices.

    Il a été prouvé scientifiquement que ces techniques sont efficaces si elles sont réalisées sérieusement et au long cours. Le traitement peut donc durer plusieurs mois.

 

Améliorer une cicatrice disgracieuse

Lorsqu'une cicatrice est arrivée à maturité, les traitements préventifs ne peuvent plus apporter d'amélioration. La correction de l'aspect de la cicatrice nécessite une reprise chirurgicale.

Il existe de nombreuses techniques qui permettent de réduire la taille ou de déplacer une cicatrice mal située ou trop large. L'examen clinique est indispensable pour poser un diagnostic et proposer une solution.

Parfois il n'y a pas de solution et il peut arriver qu'on ne puisse rien proposer pour améliorer la situation. Certaines attentes ne peuvent pas être soulagées et il faut comprendre qu'une cicatrice ne peut jamais être totalement effacée.

Voici un exemple de solutions chirurgicales :

  • refaire une cicatrice pour la rendre moins large et améliorer la technique de suture
  • déplacer la cicatrice en réalisant une "plastie cutanée" : dans le cas où elle ne se situe pas dans un pli naturel
  • réduire la taille de la cicatrice en gagnant de la peau saine par des techniques d'expansion cutanée (ballons à gonfler sous la peau)
  • améliorer l'aspect de la cicatrice en apportant des cellules graisseuses qui vont nourrir la peau (lipofilling)

    La sécurité sociale ne prend pas en charge toutes ces techniques, les possibilités sont à examiner au cas par cas.

 

Traiter les cicatrices pathologiques

Dans certains cas, les cicatrices qui évoluent anormalement peuvent devenir une véritable pathologie. Il existe deux grands types de cicatrices pathologiques :

  • les cicatrices hypertrophiques : ce sont des cicatrices rouges, boursouflées, épaisses, qui grattent et sont douloureuses mais restent dans les limites de la cicatrice initiale. Elles guérissent en général spontanément au bout de deux ans mais peuvent laisser des séquelles esthétiques.
  • les cicatrices chéloïdes : ce sont des cicatrices qui grossissent et deviennent de véritables tumeurs fibreuses, bénignes, mais ne guérissent jamais seules. Elles peuvent former de véritables nodules ont parfois des volumes importants. Elles surviennent indifféremment sur n'importe quelle partie du corps, mais on les trouve souvent au niveau des oreilles, du thorax, des épaules et du dos.

Les cicatrices hypertrophiques se traitent avec les moyens de préventions identiques que j'ai évoqué plus haut. Si elles sont très symptomatiques, on peut proposer pour soulager des injections répétées de médicament à base de cortisone. Il n'y a pas d'effet secondaire car la dose est infime et l'injection se fait uniquement dans la cicatrice, sous anesthésie locale.

Les cicatrices chéloïdes sont difficiles à traiter. Quand elles sont de grande taille, il faut réopérer pour enlever l'excès de volume. Après l'intervention, pour limiter le risque de récidive qui est important, je propose des injections séquentielles intensifiées de cortisone associée à la compression par silicone ce qui permet en général de maîtriser la récidive de la cicatrice voir souvent de les guérir. Les chances de réussite dépendent de plusieurs facteurs comme la localisation de la cicatrice, la couleur de peau, les antécédents personnels et familiaux etc... Le suivi dans tous les cas est long et doit durer au moins 2 ans.

cicatrices chéloïdes

Traitement d'une cicatrice chéloïde après piercing par chirurgie et injections

Traitement d'une cicatrice chéloïde après piercing par chirurgie et injections

 

cicatrice chéloïde avant aprèsTraitement de cicatrice chéloïde après chirurgie du sein

Traitement de cicatrice chéloïde après chirurgie du sein

 


Les interventions en chirurgie esthétique et réparatrice