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Chirurgie bariatrique

Je reçois souvent des patients qui ont une demande de chirurgie réparatrice après un amaigrissement important. L’hôpital dans lequel je travaille est spécialisé dans la prise en charge de l’obésité et le parcours est souvent long pour ces patients qui ont eu le courage de se lancer dans cette épreuve importante mais indispensable qu’est l’amaigrissement.

Deux voies sont possibles :

  • pour ceux qui le peuvent le régime amaigrissant est la première solution envisagée mais elle n’est pas toujours couronnée de succès
  • pour d’autres la chirurgie est obligatoire par la mise en place d’un anneau gastrique, ou d’autres opérations comme la sleeve gastrectomie ou le bypass.

    Ce sont des interventions pratiquées par nos collègues chirurgiens digestifs qui sont d’une grande efficacité si le patient est bien encadré.
    Autrement dit, si vous avez le souhait d’entreprendre un tel parcours, je vous recommande fortement de rentrer dans le cadre d’un programme adapté où vous serez entouré par une équipe complète composée d’infirmiers, psychologues, chirurgiens et nutritionnistes.

    Je vous recommande le site de l'association des patients opérés en chirurgie bariatrique à l'Hôpital La Casamance : http://www.metamorpho-z.com

    Nous allons alors nous rencontrer à mi parcours en général.

    Une fois l’amaigrissement obtenu, il faudra réparer les séquelles de la perte de poids et c’est là que la chirurgie plastique a toute sa place pour rendre au patient un corps acceptable et être enfin bien dans sa peau.

 

Pourquoi la chirurgie plastique après un amaigrissement ?

Cet amaigrissement tant désiré laisse souvent des séquelles esthétiques importantes.

Après avoir fondu, les graisses laissent une peau vidée de son contenu car celle ci ne suit pas la disparition du volume adipeux, il n’y a pas ou peu de rétractation cutanée après un amaigrissement important.

Cette peau en excès ne peut malheureusement pas se corriger spontanément ou même en faisant du sport, seule la chirurgie est la solution.

Cette étape est la dernière phase du long processus de reconstruction du corps.

J’ai opéré de nombreux patients après amaigrissement et je comprends cette injustice, car la récompense n’est pas au bout de l’amaigrissement, parfois certains regrettent même leur obésité antérieure, mais nous pouvons travailler ensemble et faire de cet amaigrissement une réussite grâce à la chirurgie réparatrice.

 

Etre prêt

Le premier contact est parfois difficile, vous êtes mal dans votre peau, il est dur de montrer ce corps abîmé par les épreuves. Il faut installer entre nous cette relation de confiance réciproque que nous allons développer au cours des interventions parfois multiples à venir.

Cette confiance est nécessaire car il faudra suivre les règles que je préconise pour éviter un maximum les risques de complications qui sont réelles.

Le premier élément fondamental est d’être prêt pour cette chirurgie. Etre prêt couvre plusieurs domaines.

Il faut d’abord avoir terminé son amaigrissement. Il y a parfois une déception lors du premier contact. On ne peut pas envisager cette chirurgie si le poids va varier. C’est une chirurgie définitive, la forme que l’on donne au corps ne doit pas être modifiée par un changement de poids, et si on la réalise trop tôt, le résultat risque de se modifier et d’être désastreux. On ne peut pas faire de chirurgie plastique pour perdre du poids ou terminer un régime, la chirurgie n’est pas amaigrissante, elle corrige les séquelles de l’amaigrissement seulement!

Nous nous rencontrons souvent avant la fin de l’amaigrissement, c’est pour commencer à évoquer ensemble vos premiers souhaits mais le planning thérapeutique ne pourra être concrètement envisagé qu’à la fin de la perte de poids.

Il faut ensuite être prêt psychologiquement, accepter les défauts de son corps, les identifier et avoir une attente réaliste du nouveau corps que l’on souhaite avoir.

Il faut s’attendre à ce que le parcours soit long et comprenne parfois plusieurs opérations. Je mets toujours en garde mes patients contre les promesses exagérées, les opérations pack où tout est résolu en un seul temps opératoire.

Dans ma pratique, je considère ces opérations trop lourdes pour les réaliser en une seule fois. Multiplier les interventions, c’est multiplier les risques, allonger la durée de l’opération et souvent avoir des résultats très modérés.

On doit consacrer à chaque partie du corps une opération unique ou rien de doit être laissé au hasard et où le résultat doit être le meilleur possible, sans retouche.

Il faut être prêt à accepter la rançon cicatricielle. Effectivement, la chirurgie ne s’envisage pas sans cicatrice. Ces cicatrices sont cependant largement compensées, je le dis toujours, par le bénéfice de la nouvelle forme. Elles sont placées de la manière la plus discrète possible, mais elles existent, et font partie du résultat.

 

Les conditions de la réussite

  • Avoir terminé son amaigrissement : nous l’avons vu la garantie d’un poids stable et d’une intervention la moins risquée possible est d’avoir atteint avec succès son objectif de poids avec un indice de masse corporelle inférieur ou égal à 30.
  • Eliminer les facteurs de risque : ces interventions de chirurgie réparatrice sont souvent plus lourdes que celles de chirurgie digestive. Pour cela il faut éliminer le maximum de risques possible. Celui qui vient en premier lieu est le tabac. Le tabac induit des difficultés de cicatrisation majeures et augmente considérablement le risque de complications. Mon but est que l’on réussisse ensemble ce pari, et pour cela, mettre toutes les chances de notre côté c’est supprimer ce facteur de risque dangereux, je suis intransigeant la dessus, c’est indispensable. Le tabac diminue l’apport de sang dans la peau, et donc la cicatrisation est ralentie et ne se fait pas. Il y a des risques de séquelles esthétiques graves et même de complications générales comme les embolies pulmonaires.

 

La prise en charge par la sécurité sociale

La plupart des interventions de chirurgie réparatrice peuvent être prises en charge par la sécurité sociale après entente préalable, c’est à dire sur avis du médecin conseil de la sécurité sociale qu’il faudra voir en consultation.

Lors de notre première consultation, je rédigerai une demande auprès de l’assurance maladie pour faire prendre en charge ces interventions. Le but est de monter un dossier solide pour avoir un avis favorable. Je connais les critères de prise en charge, en général je vous conseille de vous présenter ou non à cette expertise. Les critères sont précis, je les connais et il faut me faire confiance. Le but est d’obtenir le remboursement.

Si l’amaigrissement est important et les critères anatomiques respectés, en général, cela ne pose pas de problème.

Seules deux types d’intervention ne sont jamais pris en charge :

- les interventions sur les seins : à la seule exception qu’il puisse y avoir une réduction de volume d’un sein supérieur à 300 grammes, ce qui est rare après un amaigrissement

- le bodylift supérieur : cette intervention récente que nous sommes peu à pratiquer et qui consiste à supprimer les bourrelets thoraciques n’est pas encore reconnue par la sécurité sociale.

La sécurité sociale permet ainsi de rembourser une partie des frais liés à ces interventions coûteuses.


Les interventions en chirurgie esthétique et réparatrice